Archive - Salle des cartes

De 1949 au 10 mars 1967, la France fait partie de l’OTAN. Intégrée de ce fait dans la défense aérienne de l’Alliance Atlantique, la défense aérienne du territoire (D.A.T.) va indirectement bénéficier de l’aide américaine.

Entre 1953 et 1958, la D.A.T. a construit de nombreuses stations radar dont une sur la colline du Salbert, à Belfort (dans l’ancien abri-caverne du fort du Salbert). Celle-ci a pour nom Ouvrage « G » de la D.A.T., ou SMR 60/921.

Ce complexe restera utilisé jusqu’en 1959 (les entrées sont visibles sur la gauche en montant au sommet du Salbert), ce qui étend la superficie de l’ouvrage souterrain à 3 fois la superficie de l’ancien abri-caverne.

La dénomination militaire de cet ouvrage était « Station Maître Radar 60/921 » ou « SMR 60/921 ». L’Ouvrage « F » quant à lui a été installé dans l’ancien fort François de Guise à proximité de Metz (« Station Maître Radar 40/921 ») tandis que l’ Ouvrage « H » a été installé en partie dans l’ancien Ouvrage de la Ligne Maginot du Hochwald, près de Wissembourg (« Station Maître Radar 50/921 »). Il y avait également à partir de 1955, plusieurs autres stations radar dans le cadre de la D.A.T.

  • SMR 10/911 St Valery en Caux (indicatif Calva)
  • SMR 20/911 Doullens (Mazout)
  • SMR 30/911 Meaux (Whisky) ultérieurement rebaptisée SMR 22/9014
  • SMR 40/911 Rethel (Brandy) ultérieurement rebaptisée SMR 21/9015
  • SMR 50/911 Romilly (Cognac)
  • SMR 10/921 Contrexéville (Sirop)
  • SMR puis SRG 20/921 Servance
  • SRI (Station Radar Intérimaire) 30/921 Dole

L’Ouvrage « G » était un centre annexe de détection pourvu de sept antennes radar qui étaient disposées sur le fort lui-même. Le centre principal de détection est toujours situé au sommet du ballon de Servance (à partir de 1955, elle a pour dénomination « Station Radar de Guet 20/921 »).

Les premiers travaux de dérochage pour la création des locaux souterrains commencèrent le 12 mai 1953 et finirent le 26 mars 1958, date à laquelle l’Armée de l’air utilisa l’ensemble du complexe, et ce, jusqu’en 1959. À ce moment-là, les cavaliers (rangée d’abris-traverse entre lesquels sont placés des canons) qui étaient présents sur le casernement principal furent arasés pour être remplacés par une terrasse (toujours librement accessible aujourd’hui).

Ensuite, les lieux sont restés occupés, mais non utilisés par l’armée jusqu’en 1972. Le 15 octobre 1972, la ville de Belfort prend possession de la partie sommitale du Salbert (là où se trouve l’Ouvrage « G ») et le transforme en lieu de promenade et de pique-nique. Les antennes radar furent démontées, mais leur base est encore visible bien que recouvertes de terre.

Les militaires présents dans l’Ouvrage « G » étaient surnommés « les aviateurs » par les Belfortains. Durant la période d’utilisation de l’Ouvrage « G », le Fort du Salbert fut équipé, notamment, d’un chauffage central au mazout (dont les cuves sont toujours présentes). Dans la seconde moitié des années 1990, une association conventionnée avec la ville de Belfort s’est constituée afin de sauvegarder et valoriser l’ouvrage : Les aventuriers de l’histoire. La vingtaine de bénévoles a repéré un parcours de visite, nettoyé des couloirs, reposé des plaques en béton sur les chemins de câble, dans le but de rendre les lieux praticables pour tout public.

L’enthousiasme des membres de l’association a été douché par des intrusions et des dégradations répétées dans l’ouvrage. Entre autres détériorations, des gaines de ventilation ont été descendues du plafond, des cloisons démontées à la masse et pour couronner le tout, en décembre 2000, plusieurs explosions de bombes artisanales, de techniques différentes selon les explications de la police scientifique à l’époque. Tout cela a rendu toute visite guidée et tout processus de rénovation impossible.

Dans la salle des cuves, une autre bombe artisanale a sapé la base d’une des cuves de fioul heureusement vide. Enfin, la cage d’ascenseur a, elle aussi, été l’objet d’une ou plusieurs déflagrations.

D’un commun accord entre la ville de Belfort propriétaire des lieux et l’association Les aventuriers de l’histoire, les visites et la rénovation de l’ouvrage ont été stoppées. Depuis, l’Ouvrage « G » de la D.A.T. a été fermé par son propriétaire, ses portes soudées, car les lieux sont considérés comme très dangereux en raison de fosses remplies d’eau et d’ouvertures faisant risquer des chutes de plusieurs étages. L’association Les aventuriers de l’histoire a de son côté été dissoute, ayant perdu sa raison d’être.

Source : wikipedia.org